mardi 19 mars 2013

"Cloud Atlas", nouveau voyage dans la galaxie Wachowski

Ma dernière séance ciné a pour nom "Cloud Atlas", de Lana et Andy Wachowski, et Tom Tykwer. Il fait partie des films très attendus de l'année ...et semble de plus être l'objet d'une polémique qui enfle en ce moment : personne n'y aurait rien compris !

De mon côté, je n'avais vu que la bande annonce, assez incompréhensible d'ailleurs (!) mais l'annonce du casting incroyable, des images vues, le tout réalisé par un duo qui m'avait déjà scotchée à mon siège...je n'ai pas hésité longtemps ! Voici quelques éléments de mon ressenti face à cette séance insolite...






L'histoire (inracontable bien entendu!) :
Six saynètes à six époques différentes se mêlent. Une gigantesque mosaïque se met en place pour servir un but commun : trouver un sens et une place à l'Humanité. En trois mots :

1- en 1849, l'esclavagisme bat son plein aux Etats-Unis. Un jeune noble fait la connaissance d'un esclave noir qui changera sa vision du monde.



2- en 1936, un musicien aide son mentor à achever une grande symphonie. L'oeuvre créée provoque le déclic nécessaire chez le jeune prodige pour s'émanciper à son tour.



3- en 1973, une journaliste rencontre un scientifique qui lui transmet un dossier brûlant à publier. Les dirigeants des industries mises en cause ne leur laisseront plus de répit.



4- en 2012, un éditeur est pris à la gorge par son nouveau poulain. Il part se mettre à l'abri chez son frère mais se retrouve pris au piège dans une maison qui le rendra fou.



5- en 2144, la société a engendré de nouveaux restaurants, aux hôtesses stéréotypées, tout droit sorties de matrices uniformes. Ces sous-femmes, esclaves modernes, n'ont aucun droit et aucun rêve permis...



6- en 2321, bien après notre ère (ou bien avant, on finit par ne plus savoir!), des peuplades d'hommes subsistent dans le dénuement et doivent affronter d'effrayants cannibales pour survivre.

 

Mes impressions :
Voici un film impressionnant. Tout comme Matrix en 1999, "Cloud Atlas" inflige une grande claque au cinéma contemporain. En 2h45 (attention, il faut s'accrocher!) ce film aborde de grands thèmes philosophiques comme la vie, la mort, la place de l'homme dans l'univers en brossant 6 histoires dans 6 espaces temps différents. Le mélange des saynètes est un peu déroutant au départ mais on s'habitue vite au procédé. L'ensemble est extrêmement graphique et créatif. On en redemande !
 
Les frères Wachowski (en fait aujourd'hui un frère et une soeur !) s'associent cette fois au réalisateur Tom Tykwer, à qui l'on doit notamment l'adaptation le parfum : histoire d'un meurtrier (en 2006). Ils se partagent équitablement les 6 saynètes mais gardent un objectif commun, une sorte de grande spirale sur le sens de la vie.

La trame de cette mosaïque gigantesque est l'adaptation du roman "Cartographie des nuages" de David Mitchell, paru en 2004 en France.


Le projet est pharaonique. Le casting l'est tout autant ! Pêle-mêle se croisent Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Jim Broadbent (aperçu dans les Harry Potter), Ben Whishaw (le jeune Q du dernier James Bond Skyfall), Susan Sarandon ou encore (ma révélation) Jim Sturgess (vu dans Un jour).
Ils jouent chacun un personnage de chaque saynète soit des performances d'acteurs remarquables pour chacun d'entre eux. Les costumes et maquillages sont splendides à tel point que l'on a du mal à retrouver les traits de l'un ou de l'autre parfois...je vous laisse la surprise des différentes apparences de Tom Hanks et Halle Berry ! 
Restez bien jusqu'à la fin du film, vous aurez la surprise de découvrir tous les personnages interprétés par les acteurs cités ci-dessus !


Mon coup de coeur revient à Jim Sturgess, dans son rôle proche du Neo de Matrix. Il m'a totalement bluffée dans un rôle hypnotique, à la fois sensible et sacrément musclé. Les midinettes parmi nous ne s'en remettront pas !
  
J'ai été contente de retrouver le fameux "Agent Smith" des trois Matrix, interprété par le curieux Hugo Weaving. A croire que la fidélité est de mise chez les Wachowski !


Je ne vous cache pas que "Cloud Atlas" est TRES compliqué. Tout comme son prédécesseur Matrix, de nombreuses interprétations seront sans doute évoquées. Il faudra certainement le revoir plusieurs fois. 
- allez le voir en VO, je vous en prie ! Dans la dernière saynète (en 2321), un nouveau langage a été inventé par les réalisateurs. Il serait dommage de passer à côté dans sa version française... -

Ce que j'en ai compris réside dans quelques notions assez simples. Pour moi, il est question de la place de l'homme dans la société et dans l'univers et face à la religion. On nous rappelle que chaque acte peut avoir des répercutions, même à un petit niveau et que chaque individu peut participer à une révolte contre l'injustice ou contre une société vouée à le broyer. L'un se révolte contre l'esclavagisme, d'autres contre un système totalitaire et inhumain, un autre contre une maison de repos qui veut lui enlever ses droits, une autre contre un dossier prouvant des malversations dangereuses pour l'Homme, ...
De plus, des détails se glissent dans chaque histoire pour faire référence à des évènements vus dans les autres. Le montage du film est fait de telle sorte que sans avoir d'ordre chronologique, l'on réussisse à remettre le puzzle dans l'ordre.

Pou conclure, je vous encourage à vous faire votre propre opinion de ce très curieux film. A la fois poétique, philosophique et parfois drôle, il ne laisse pas indifférent, c'est le moins qu'on puisse dire. J'ai été totalement transportée par les décors futuristes et bluffants des deux derniers mondes. Ces mondes qui sont à l'image de ce qu'on est en train de forger aujourd'hui...vaste question !

la bande annonce en VOST



et vous qu'en avez-vous pensé ?!



2 commentaires:

  1. je suis allée le voir hier (en vf certes mais le néo langage y était bien présent malgré tout)!!
    je trouve que tu as bien résumé le film si complexe soit il!
    il m'a fait penser à "l'existentialisme est un humanisme" de Sartres que tu n'as certainement pas oublié quant à la place que chacun peut jouer de par ses choix. D'ailleurs j'ai beaucoup aimé une des répliques du film disant "ce qu'il faut faire c'est ce qu'on ne pourrait pas ne pas faire". (oui elle mérite qu'on la répète une ou deux fois celle-ci..)
    Finalement j'en retiendrais un film décisionnaire dans le fait qu'on ne peut choisir sa vie en suivant l'opinion générale mais qu'il faut suivre ses instincts et surtout sa conscience.
    Bref, sortez du rang!

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    1. voilà ! absolument ! donc courez voir le film et faites vous votre opinion :-)

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